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CONTEXTE ET JUSTIFICATION
La région des Grands Lacs est en proie à des conflits depuis des décennies et a connu certaines des pires guerres du continent, ainsi que l’un des quatre génocides reconnus officiellement par l’ONU actuellement, celui perpétré contre les Tutsis au Rwanda en 1994. Ces conflits, souvent interconnectés entre le Burundi, la RD Congo et le Rwanda, sont complexes et enracinés dans l'exclusion politique, sociale et/ou économique, dans l’héritage du colonialisme[1], le nationalisme et l'identité, y compris la pauvreté et la marginalisation des jeunes.[2] En conséquence, les récits et certaines recherches sur la région ont tendance à s’attarder davantage sur des images de division, de précarité et d’insécurité que sur le potentiel et la capacité des populations de ces trois pays à transformer les récits et à répondre aux défis.
L’agenda "Jeunesse, paix et sécurité" (JPS) a pris de l'ampleur ces dernières années dans le monde. Cette évolution a marqué un changement dans la compréhension de ce que sont les jeunes et de leur rôle dans la consolidation de la paix, de la sécurité et du développement durable. Un certain nombre de politiques et résolutions ont été adoptées aux différents niveaux pour promouvoir la paix, en faveur des jeunes. La résolution 2250 du CSNU a été adoptée en 2015 suivie d'un nombre de politiques et résolutions qui soulignent le rôle et les contributions des jeunes et la nécessité de soutenir ces efforts. En Afrique, le cadre continental de l'UA pour la jeunesse, la paix et la sécurité et son plan d'action décennal a été adopté en 2020. Au niveau pays, les plans d'action nationaux (PANs), les stratégies et les feuilles de route sont des outils pour aider les gouvernements à renforcer l'inclusion des jeunes dans la paix, la sécurité et la construction de l'État en développant des engagements spécifiques.
En plus de l’agenda JPS, d’autres efforts ont été exercés pour promouvoir une stabilité sécuritaire dans la région des grands lacs, mais un pas important est à affranchir.
Malgré l'adoption et les efforts de mis en place des instruments cités là-haut, les défis auxquels sont confrontés les peuples la sous-région des grands-lacs et en particulier les jeunes restent majeurs.
Dans cette optique, le RJP-GL compte mettre en œuvre des actions qui contribueront à la restauration de la paix et renforcer la cohésion sociale entre les peuples de la région.
OBJECTIFS ET RESULTATS ATTENDUS.
Objectif général: autonomiser les organisations et les groupes des jeunes femmes et hommes du Burundi, de la RDC et du Rwanda pour promouvoir la paix, la cohabitation sociale et l’identité grands-lacs entre les peuples des pays respectifs.
Objectif spécifique 3 : Faciliter les échanges bilatéraux, le réseautage régional et les initiatives de développement économiques transfrontalières favorisant une collaboration et permettant aux groupes de jeunes du Burundi, de la RDC et du Rwanda d’apprendre les uns des autres, d'élaborer des stratégies communes et créer des liens forts.
Résultats attendus,
OS3 :
- 4 réunions ouvertes en ligne – participation de toute personne désireuse de faire part (1 réunion ouverte par mois en ligne pour échanger sur les opportunités et défis de la sous-région en rapport avec la consolidation de la paix),
- 1 colloque régional réunissant les acteurs des trois pays, à Bujumbura qui se tiendra a Bujumbura dans la semaine du 12 octobre 2026.
Activités prévues
- Mi – Mars (mercredi 25 mars 2026) : 1. Sentinelles Numériques : Contrer les discours de haine et la désinformation dans la sous-région des Grands Lacs.
- Mi – Mai (mercredi 13 mai 2026) : 2. Entrepreneuriat de Paix : Créer des intérêts économiques communs.
- Mi – juillet (mercredi 15 juillet 2026) : Mémoires croisées : Déconstruire les préjugés par le récit.
- Début septembre (mercredi 2 septembre 2026) : Mémoires croisées : Déconstruire les préjugés par le récit.
Description
1. Sentinelles Numériques : Contrer les discours de haine et la désinformation dans la sous-région des Grands Lacs.
Ce thème s'attaque à la "guerre de l'information" qui divise les communautés en ligne avant de provoquer des violences physiques.
- Objectif : Informer les jeunes au fact-checking citoyen et à la création de contenus "positifs" pour saturer l'espace numérique de messages de cohabitation.
- Action clé : Apprendre à identifier les fermes à trolls et les mécanismes de manipulation de l'opinion entre les pays de la sous-région.
2. Entrepreneuriat de Paix : Créer des intérêts économiques communs.
L'idée est simple : il est plus difficile de se faire la guerre quand on gagne de l'argent ensemble.
- Objectif : encourager les jeunes à développer des projets de start-ups transfrontalières ou de coopératives de services (e-commerce, logistique) qui lient le destin économique des jeunes de Goma, Bukavu, Uvira, Kigali ou Bujumbura.
- Action clé : Identifier des opportunités de business là où les frontières sont actuellement perçues comme des barrières.
3. Mémoires croisées : Déconstruire les préjugés par le récit.
La réconciliation échoue souvent parce que chaque camp possède sa propre version de l'histoire.
- Objectif : Utiliser le digital storytelling (vidéo, podcast, blog) pour confronter les récits nationaux et humaniser "l'autre" à travers des témoignages de résilience communs.
- Action clé : Produire des contenus multimédias bilingues (français/swahili/anglais) qui mettent en avant les similitudes culturelles plutôt que les différences politiques.
4. Diplomatie de la jeunesse : Monitoring citoyen des accords de paix,
Les accords de paix (Washington, Doha, Luanda,...) restent souvent des discussions de "haut niveau" méconnues de la base.
- Objectif : vulgariser les textes officiels et apprendre aux jeunes à exiger des comptes sur l'application des engagements pris par leurs gouvernements respectifs.
- Action clé : Créer un mécanisme de veille citoyenne sur le respect des zones de cessez-le-feu ou de retrait des groupes armés.
Pourquoi ces 4 thèmes ?
Ils couvrent les quatre dimensions critiques du conflit actuel : le virtuel (désinformation), le matériel (économie), l'émotionnel (mémoire) et la politique (diplomatie).